La trichotillomanie est un trouble caractérisé par l’arrachage répété de ses propres cheveux ou poils, aboutissant à une perte de cheveux visible. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux la classe parmi les troubles obsessionnels compulsifs et apparentés. Il ne s’agit ni d’un caprice ni d’un simple tic, mais d’un trouble psychiatrique reconnu, qui retentit durablement sur le cuir chevelu et sur la qualité de vie.
Qu'est-ce que la trichotillomanie ?
Le terme désigne un besoin irrépressible d’arracher les cheveux, les sourcils, les cils ou tout autre poil du corps, sans finalité esthétique. Le DSM-5 la range aux côtés du trouble obsessionnel-compulsif et de la dermatillomanie, dans une même catégorie diagnostique. Elle appartient à la famille des comportements répétitifs centrés sur le corps, qui comprend également l’onychophagie.
Le diagnostic repose sur des critères précis, définis par le DSM-5 :
- un arrachage récurrent aboutissant à une alopécie mesurable ;
- des tentatives répétées de réduire ou d’interrompre le geste ;
- un retentissement social, scolaire ou professionnel significatif ;
- l’absence d’une affection dermatologique expliquant mieux le tableau.
La prévalence est estimée entre 1 et 2 % de la population adulte selon la plupart des études. Le trouble reste largement sous-diagnostiqué, peu de patients consultent spontanément pour ce motif.
Pourquoi s'arracher les cheveux ou les poils ?
Les mécanismes en cause sont multifactoriels et associent des facteurs génétiques, neurobiologiques et émotionnels. La trichotillomanie apparaît le plus souvent à l’adolescence, entre 10 et 13 ans, période de vulnérabilité psychique marquée. Le fait de s’arracher les cheveux procure un soulagement immédiat, rapidement suivi de culpabilité, ce qui entretient un cycle difficile à rompre.
Deux modes de fonctionnement coexistent fréquemment chez un même patient :
- Arrachage automatique : le geste survient sans conscience nette, pendant la lecture, le travail ou devant un écran.
- Arrachage focalisé : la personne cherche délibérément à apaiser une tension interne ou une sensation désagréable localisée.
Les troubles anxieux, les épisodes dépressifs et le stress chronique figurent parmi les facteurs aggravants les plus fréquemment associés. Le besoin d’arracher les poils peut se déplacer d’une zone à l’autre au fil des années, ce qui explique que le trouble passe parfois inaperçu de l’entourage.
Quels sont les symptômes et les conséquences ?
Le signe le plus visible est l’apparition de plaques d’alopécie aux contours irréguliers, où coexistent des cheveux de longueurs inégales. Contrairement à la pelade, la zone n’est jamais totalement glabre et la peau conserve un aspect normal. L’arrachage des cheveux touche surtout le sommet du crâne, les tempes, les sourcils et les cils.
Les conséquences dépassent largement le plan esthétique :
- lésions du cuir chevelu, folliculites et surinfections locales ;
- évitement de la piscine, du coiffeur ou des situations de proximité ;
- retentissement scolaire ou professionnel lié à la honte et à la dissimulation ;
- trichophagie chez les patients qui avalent leurs cheveux après les avoir arrachés.
Cette dernière complication justifie une vigilance particulière. L’ingestion répétée de cheveux ou de poils peut entraîner la formation d’un trichobézoard, une masse compacte accumulée dans l’estomac, dont le traitement est parfois chirurgical. Une minorité de patients atteints de trichotillomanie est concernée, mais le risque digestif impose un dépistage systématique par l’interrogatoire.
Comment diagnostiquer et traiter la trichotillomanie ?
Le diagnostic est clinique et repose sur l’interrogatoire complété par un examen dermatologique. La dermoscopie et le trichogramme permettent d’écarter les autres causes d’alopécie, notamment la pelade, la teigne et l’alopécie de traction. Une évaluation psychiatrique complète le bilan.
La prise en charge de référence est la thérapie cognitivo-comportementale, et plus précisément la thérapie d’inversion des habitudes. D’après le Manuel MSD, cette approche associe un travail de prise de conscience du geste, l’apprentissage d’une réponse motrice concurrente et un renforcement de la motivation.
Des traitements médicamenteux peuvent être proposés en complément de la psychothérapie :
- N-acétylcystéine ou mémantine, actives sur la transmission glutamatergique ;
- Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou clomipramine ;
- Neuroleptiques dans certaines formes résistantes.
Aucune molécule ne dispose, à ce jour, d’une autorisation spécifique pour cette indication. La psychothérapie demeure donc le socle du traitement, le médicament n’intervenant qu’en appoint.
Les cheveux repoussent-ils après l'arrachage ?
Dans la majorité des situations, la repousse redevient possible dès que le geste cesse. Le follicule pileux n’est pas détruit par un arrachage occasionnel : le cycle capillaire reprend son cours après quelques semaines à quelques mois, et la densité initiale se rétablit progressivement.
Un arrachage répété pendant plusieurs années peut néanmoins provoquer une alopécie cicatricielle, dans laquelle le follicule est définitivement lésé. La repousse devient alors partielle, voire absente dans les zones les plus sollicitées.
Lorsque le trouble est stabilisé depuis suffisamment longtemps et que certaines zones restent dégarnies, une greffe de cheveux en Turquie peut être envisagée. L’intervention n’est envisagée qu’après l’arrêt durable du comportement, faute de quoi les greffons seraient arrachés à leur tour. Des techniques comme la Micro Saphir DHI restaurent la densité en respectant l’orientation naturelle des cheveux, et les clichés de greffe de cheveux avant après documentent le rendu obtenu sur ce type de zones. Le prix d’une greffe cheveux en Turquie dépend alors du nombre de greffons nécessaires et de la technique retenue.
Quand consulter pour une trichotillomanie ?
Une consultation se justifie dès que le geste devient difficile à contrôler ou qu’il entraîne une gêne visible. Il est inutile d’attendre des plaques étendues : plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic.
Certains signes imposent un avis rapide :
- arrachage quotidien depuis plusieurs semaines ;
- ingestion des cheveux arrachés ;
- douleurs abdominales ou vomissements inexpliqués ;
- lésions inflammatoires ou suintantes du cuir chevelu ;
- isolement social ou symptômes dépressifs associés.
Le médecin traitant est le premier interlocuteur. Il oriente vers un dermatologue pour le bilan capillaire, puis vers un psychiatre ou un psychologue formé à ces troubles. Chez la femme, un avis spécialisé en greffe de cheveux pour femme complète utilement la démarche lorsque l’alopécie persiste malgré la stabilisation.
Points clés à retenir
- La trichotillomanie est un trouble psychiatrique reconnu, et non une simple mauvaise habitude.
- Elle débute le plus souvent entre 10 et 13 ans et touche 1 à 2 % des adultes.
- Les plaques irrégulières, aux cheveux de longueurs inégales, en sont le signe caractéristique.
- La thérapie d’inversion des habitudes constitue le traitement de première intention.
- La repousse reste possible, sauf en cas d’alopécie cicatricielle installée.
- Une greffe ne s’envisage qu’après stabilisation durable du comportement d’arrachage.